Pourquoi cette répression en Afrique ?

Le « conservatisme religieux » est notamment en cause dans plusieurs pays, selon la directrice générale d’Avocats sans frontières, Karine Ruel : « Au Ghana, quand la nouvelle loi a été proposée, ce sont essentiellement des coalitions chrétiennes et musulmanes qui ont soutenu la législation la plus répressive. » À cela s’ajoute le discours des élites politiques qui soutiennent souvent la thèse selon laquelle l’homosexualité serait une valeur occidentale. « Ce qui est paradoxal, c’est que la plupart des lois qui pénalisent l’homosexualité en Afrique viennent de l’héritage colonial, notamment britannique », soulève la juriste. La loi ougandaise a même été « fortement influencée par des groupes évangéliques américains » ayant fait campagne pour son adoption, ajoute le juriste béninois spécialisé en droit international et droits de la personne Roland Adjovi.

Un manque de pays refuges

Rainbow Railroad a reçu plus de 20 000 demandes d’aide à l’échelle mondiale en 2025, un nombre record en 20 ans d’existence. Cela représente une augmentation de 51 % par rapport à l’année précédente. Selon les plus récentes données d’ILGA World (mai 2025), 64 des 193 États membres de l’ONU criminalisent encore les relations sexuelles consensuelles entre personnes de même sexe. Or, seulement 34 pays incluent l’orientation sexuelle dans leurs lois sur l’asile, indique l’Association internationale des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et intersexes. Dennis Wamala déplore ce ratio : « Nous avons énormément de difficultés à trouver des endroits sûrs où orienter les gens. »