Canada. Pourquoi les taux de HIV augmentent chez les jeunes gais

Kevin Hurren sur Uncloseted Media en date du 15 août 2026 à 10h30

Kevin Hurren est un écrivain et producteur de télévision basé à Toronto.


Cette histoire a été réalisée avec le soutien de MISTR, une plateforme de télésanté offrant un accès en ligne gratuit à la PrEP, au DoxyPEP, au dépistage des IST, au dépistage et au traitement de l'hépatite C et aux soins à long terme du VIH à travers les États-Unis. MISTR n'a eu aucune contribution éditoriale au contenu de cette histoire. 2026-08-01 

Le Canada a tout ce dont il a besoin pour mettre fin au VIH. Alors pourquoi les taux augmentent-ils chez les jeunes hommes gays ?
Le gouvernement canadien a annoncé que les infections au VIH avaient augmenté de 23 % entre 2022 et 2024. Pourtant, de nouvelles réductions du financement fédéral pourraient se profiler.

(...) Et selon les données de santé publique les plus récentes datant de 2024, les hommes homosexuels, bisexuels et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes représentent plus d'un tiers des nouvelles transmissions, les hommes de 25 à 29 ans ayant le taux de diagnostic de VIH le plus élevé.

« Le Canada dispose de tous les outils dont il a besoin pour mettre fin à l'épidémie de VIH », déclare Brook Biggin, directeur des politiques et de l'éducation au Community-Based Research Centre (CBRC), un organisme à but non lucratif qui se consacre à l'amélioration de la santé des Canadiens LGBTQ. « Malgré cela, le gouvernement du Canada n’a pas réussi à inverser la tendance du VIH. »

(...) Biggin affirme que le principal facteur à l’origine de cette nouvelle vague est le manque de financement. Le CBRC a déclaré à Unclosed Media que le gouvernement fédéral – qui supervise l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) et est responsable de la réponse nationale au VIH – a maintenu le financement du VIH à environ 75 millions de dollars canadiens depuis 2004, sans tenir compte de l'inflation. Cela ne représente que 5 % du budget de l’ASPC d’environ 1,5 milliard de dollars pour 2024-2025.

Cela a entraîné une diminution des services destinés à lutter contre le virus. Plus tôt cette année, la plus ancienne organisation canadienne de lutte contre le VIH, le AIDS Committee of Toronto, a fermé définitivement ses portes. Ils ont cité les fonds gouvernementaux gelés à 3 millions de dollars pendant plus de six ans, malgré la hausse des coûts, comme une des raisons de la fermeture.

Et Biggin craint que des fonds supplémentaires ne lui soient retirés.

(...) Malgré les problèmes de financement, on a également constaté un recul de l'éducation relative au VIH dans certaines écoles canadiennes.

Par exemple, l’année dernière, le gouvernement conservateur de l’Alberta a exigé que les enseignants reçoivent tous les cours, feuilles de travail et matériel d’apprentissage sur l’éducation sexuelle approuvés par le ministère de l’Éducation. Seuls trois des quelque 200 documents sur la santé sexuelle pré-approuvés traitent explicitement du VIH, et ils datent de 2011 et 2019.

'C'est en fait devenu un défi d'accéder à des ressources d'éducation sexuelle dans la vraie vie', déclare Shamin Mohamed Jr., fondateur de LetsStopAIDS, une organisation nationale vouée à impliquer les jeunes dans la lutte pour mettre fin au VIH. « Les efforts politiques visant à empêcher les discussions sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle peuvent rendre très difficile pour les enseignants d’intervenir et d’enseigner quelque chose qui pourrait changer la vie d’un élève. »

Cette érosion de l’éducation sexuelle pourrait contribuer à une diminution des pratiques sexuelles sans risque.

(...) Même si des organisations comme celle de Mohamed pouvaient rejoindre tous les étudiants du secondaire, les migrants et les résidents temporaires – parmi lesquels de nombreux étudiants internationaux – représentaient les deux tiers des nouveaux diagnostics de VIH au Canada en 2023.

« Nous ne leur fournissons aucun soutien à leur arrivée ici, surtout pas de soutien culturellement compétent », déclare David, responsable du programme HYPE, un programme de soutien et d'éducation basé en Ontario et dirigé par des personnes séropositives âgées de 18 à 29 ans.

David, qui a demandé à Uncloseted Media de ne pas utiliser son nom de famille en raison de la criminalisation actuelle de la non-divulgation du VIH, voit tout le temps des étudiants internationaux suivre ses programmes.

« Au Canada en particulier, nous avons un corps étudiant très international qui vient presque exclusivement de milieux beaucoup plus conservateurs sur le plan culturel et qui ont souvent accès à moins d'atouts en matière de santé sexuelle », dit-il. À la fin de l’année universitaire 2025, le Canada accueillait près de 700000 étudiants internationaux, dont près de la moitié venaient d’Inde ou de Chine, des pays où les discussions ouvertes sur la sexualité sont souvent considérées comme taboues et où le mariage homosexuel est illégal.

(...)

Lire le texte intégral de l'article (en anglais) sur Uncloseted Media.


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