Niger. L’homosexualité criminalisée avec de lourdes peines de prison

Agence France-Presse sur La Presse/ Valentine Monceau sur Stop Homophobie en date du 14 juin 2026 à 18h03


Carte du Niger sur Wikipedia

(Abidjan) Le Niger a promulgué un nouveau code pénal qui criminalise pour la première fois l’homosexualité, avec de lourdes peines de prison à la clé, à l’instar de plusieurs pays ouest-africains – Burkina Faso, Sénégal, Ghana – qui ont récemment durci leur législation à l’encontre des personnes LGBTQ+.

Au Niger, l’homosexualité restait jusqu’à présent un tabou dans une société très majoritairement musulmane et conservatrice, mais elle n’était pas explicitement criminalisée.  

Le nouveau texte criminalise également de supposées « pratiques […] intersexes » et « asexuelles ».

Le pays est dirigé par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir après un coup d’État militaire en juillet 2023. Depuis, il mène une politique souverainiste et hostile à l’Occident, souvent accusé en Afrique de l’Ouest d’imposer ses valeurs.  

Selon le nouveau Code pénal promulgué par le régime militaire, « toute personne qui commet ou tente de commettre un acte impudique ou contre nature ou pratiques Lesbiennes, Gais, Bisexuelles, Transgenres, Queers, Intersexes, Asexuelles (LGBTQIA+), entretient ou tente d’entretenir des relations sexuelles avec une personne de même sexe, est punie d’un emprisonnement de cinq ans à moins de dix ans » et d’une amende pouvant atteindre 100 millions de francs CFA (plus de 245 000 dollars canadiens).  

Les personnes asexuelles sont des personnes ne ressentant pas d’attirance sexuelle envers autrui, et les intersexes sont des personnes nées avec des caractéristiques sexuelles n’entrant pas dans la définition classique masculin/féminin.

La même peine est prévue également pour toute personne « qui change ou tente de changer artificiellement son sexe de naissance ».  

D’autres articles de ce nouveau code pénal nigérien sont encore plus durs, notamment pour « quiconque contracte un mariage avec une personne de même sexe », ce qui est puni de 10 à 20 ans d’emprisonnement. La même sanction est prévue pour « toute personne qui gère, dirige, fait fonctionner, finance ou qui participe à des clubs, des sociétés, des organisations ou associations pour homosexuels ou LGBTQIA+ ».

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La réaction de Stop Homopobie

Une alerte pour les droits humains

Cette évolution constitue un recul majeur. STOP homophobie dénonce une atteinte grave aux libertés fondamentales et rappelle que ce type de législation produit des effets immédiats sur les personnes concernées.

L’organisation met en garde contre une hausse des risques d’arrestations, de violences et de marginalisation. Dans un pays où les personnes LGBT+ vivent déjà majoritairement dans la discrétion, cette réforme pourrait renforcer encore leur invisibilisation.

STOP homophobie souligne également la dimension politique de ces mesures, adoptées dans des périodes de transition où les droits des minorités peuvent devenir des marqueurs idéologiques.

L’association rappelle enfin un principe fondamental : nul ne devrait être poursuivi ou emprisonné en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre.

Un paysage mondial contrasté

À l’échelle internationale, les situations restent très disparates. Plusieurs États ont engagé des processus de dépénalisation, tandis que d’autres maintiennent ou renforcent des dispositifs pénaux sévères.

Selon les organisations de défense des droits humains, 66 pays criminalisent encore les relations entre personnes de même sexe. Dans certains cas, les sanctions peuvent aller jusqu’à la réclusion à perpétuité, voire la peine capitale.

Dans ce contexte, la décision nigérienne illustre un nouveau durcissement dans certaines régions du monde, en contraste avec les avancées observées ailleurs.

Lire l'article de Valencine Monceau sur Stop Homophobie.


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