L’homosexualité au Sénégal

Par Asso181 sur YouTube 2026 / Institut Panos Afrique de l'Ouest 2018 en date du 23 juin 2026 à 13h16 en date du 23 juin 2026 à 13h16

Source : https://www.youtube.com/watch?v=jwUZiD5iKt0

Transcription.

L'homosexualité reste encore un tabou dans plusieurs pays africains. Dans certains pays, il y a même un déniosexuel.

Les opinions publiques considèrent l'homosexualité comme un choix volontaire qui reflète une perversion sexuelle et qui est motivée par des calculs économique. Pour une grande partie de citoyens africains, l'homosexualité est une pratique sexuelle importée de l'Occident, contraire aux traditions africaines.
Pour le Sénégal dont je connais vraiment bien l'histoire, moi-même parmi les chercheurs en histoire, euh il n'existait pas l'homosexualité à son état actuel au Sénégal.
Donc il y a eu certes des efféminés dans toute l'histoire du Sénégal qui aiment le rôle d'amusement. Ils amuser les gens dans les fêtes, les baptêmes, ils se déguisaient comme femmes. En fait, on les appelait gourigin. En traduction littéraire, ça signifie homme-femme.

C'était des hommes qui se déguisaient comme des femmes. C'est un c'est un aspect culturel de notre de notre civilisation. Mais en tant que pratique en fait des hommes qui entraînent des rapports sexuels avec d'autres hommes, euh nous avons pas eu trace de d'une historicité claire en tout cas scientifique que ces pratiques-là ont vu le jour avant l'arrivée du colon au Sénégal. sincèrement, c'est une pratique qui a été importée et et qui fait partie des méfets de la colonisation.


 
 
Je ne pense pas qu'à l'heure actuelle, il y ait un historien spécialisé de la question ou un anthropologue ou un sociologue qui puisse prétendre que l'homosexualité ou en tout cas les pratiques de relation sexuelles entre hommes ou bien les pratiques de relation sexuelles entre femmes sont importé de l'occident. Je ne le pense pas. Il y a une montagne d'évidence de faits archéologiques qui vont remonter jusqu'à l'Égypte faraonique jusque en passant par différentes sociétés africaines où il y a une construction des relations sexuelles entre hommes à partir de concepts qui ne dérivent pas des concepts occidentaux.
 
On ne peut pas trouver de sociétés au monde. En tout cas ce n'est pas documenté [musique] de sociétés au monde où il n'y a pas de pratique homosexuelle.
 
À partir de ce moment, la question se pose qui va se poser entre nous, c'est de voir comment est-ce que les africains conceptualise l'homosexualité, comment est-ce que différentes sociétés africaines conceptualisent l'homosexualité. Et c'est dans ce sens-là que j'ai travaillé pour ce qui concerne les sociétés sénégalaises.
 
Il faut avouer que le la sexualité, l'homosexualité comme la sexualité de manière généraleest influencé par l'histoire, par la politique, par les relations sociales, par les rapports de pouvoir, les concepts, la manière de se représenter la sexualité change bien sûr en fonction des situations. Ce que je peux vous dire que est que dans les sociétés précoloniales africaines, il y a des formes de tolérance très fortes par rapport à la diversité sexuelle et je suis convaincu que dans les sociétés africaines précoloniales, il y a eu des formes poussées de construction sociale, de la tolérance et de l'acceptation de la diversité sexuelle. Quand on vous dit non non non ça vient de l'Occident, moi je me dis c'est parce que tu ne connais pas ton ton histoire et ta culture. Dans ton histoire et dans ta culture, il y a des constructions de l'homosexualité.

L'homosexualité est née avec l'Afrique et l'Afrique est la mère de l'humanité. C'est-à-dire que dès que l'Afrique est née, qu'elle a commencé à porter des enfants, sur 10 enfants, il y en avait un qui était homosexuel.
 
Et cela s'explique aussi par le fait que au Cameroun qui est indépendant, c'est un pays qui est indépendant depuis le 1er janvier 1960. Le Cameroun a eu son premier code pénal en 1965 et la loi est passée devant une assemblée qui était composée majoritairement de députés qui n'avaient jamais été enFrance, d'autres n'avaient jamais plus l'avion et ce des gens qui étaient très proches du terroir et des traditions.
 
Et bien, ils n'ont pas considéré que l'homosexualité était un délit. Et pourtant, dans le premier code pénal camerounais, il y avait un certain délit nommé Bigami et d'autres délit. Il y avait le viol, il y avait l'inceste, il y avait exigences abusive de la dote pour nous rapprocher des traditions. Il y avait tout ça. Mais personne parmi nos premiers législateurs, il n'avaiit pas internet, il n'avait pas WhatsApp, Facebook ni rien du tout. Pour téléphoner, il fallait aller à la poste, lancer un PCV et attendre qu'on vous réponde. Donc vous savez, ils étaient vraiment peu en contact avec l'Occident et avec des
Mais comme c'est la mère de l'humanité, elle a enfanté parmi ses enfants et grâce à la diversité de la création, elle a eu tout ça. Elle a eu des enfants qui étaient homosexuels, des enfants qui étaient bisexuels, des enfants qui étaient transsexuels et puis et puis des enfants qui étaient homosexuels. Ça n'a dérangé personne. Il a fallu attendre 1972 pour que ce n'est plus le parlement mais pour que le président de la République signe une ordonnance en disant ben moi je je vais décider que l'homosexualité est une infraction qui est rentrée par effraction dans le code pénal et beaucoup beaucoup d'enfants.
 
Peut-être que vous avez vu plein d'enfants qui ont perdu leur destin comme ça qui ont été tués qui ont été torturés qui ont été jetés en prison. qui ont perdu l'amour de leur maman, l'amour de la famille, éjecté de partout, d'autres qui ont pu aller vers des pays où l'homosexualité n'était pas une infraction.
 
Les lois qui pénalisent l'homosexualité, ces lois proviennent pour la plupart. Elles sont inspirées ou quelquefois on a juste fait du copiercollé de des lois françaises pour ce qui est de l'Afrique occidentale sur domination sur colonisation française. Elles proviennent directement des lois établies en France dans les années 40, c'est-à-dire procédant du régime de Vichi. Alors les lois ces lois-là ne sont pas des lois africaines. Elles ont été imposées par l'Occident dansise par la France en particulier au moment des heures les plus sombres de l'histoire de la France.
 
La loi sénégalaise a été a été reprise juste après les indépendances les années 60. Donc a c'est elle qui a qui continue jusqu'à nos jours avec une sorte de avec une interdiction avec des sanctions qui sont prévues et cetera et cetera.

Dans les années dans les années jusque dans les années 2000 autour des années 2000 nousons assisté à l'émergence de nouveaux discours religieux là où l'islam sénégalais l'islam le le plus anciennement établi Sénégal et est soufi c'est-à-dire qui réinterprète les choses qui introduit des nuances et qui et qui qui qui donne une importance extrêm extrêmement importante à la seconde lecture. Il faut lire, il faut penser, repenser pour
 
comprendre le sens réel. Et dans cette lecture soufie, il y a un appel à la tolérance. Il y a un appel à la tolérance. Même si vous n'êtes pas d'accord avec quelqu'un, même si vous n'approuvez pas son comportement, vous ne pouvez pas la tuer. Nous allons voir dans les années 2000 2008 2009 la montée d'un discours extrêmement violent qui prenait qui qui disait qu'il faut tuer les homosexuels. que dans les l'interprétation religieuse, vous avez l'islam soufi parle plutôt de met en avant le le la miséricorde, le pardon, la compréhension de l'autre et le jugement par Dieu.
 
Il n'appartient à personne d'enlever la vie de l'autre.
 
Donc alors par rapport à ce discours là, vous avez un autre discours qui est apparu par la suite et qui lui prend une violence ouvertement. Malheureusement, les médias ont servi ce second discours là.
 
Les politiques en Afrique ont trouvé un nouveau sujet de mobilisation et de manipulation des masses populaires. Le seul choix semble dominant à l'approche des élections. L'homosexualité était mal abandonné par la loi. Les lois homophobes font leur retour dans la législation allant jusqu'à prôner la peine de mort pour les personnes ayant une orientation sexuelle différente de la majorité.

 
Nous, on s'interpose de non euh si vous voulez être mauvais, soyez mauvais dans vos chambres, mais allez jusqu'à imposer l'homosexualité sur la place publique pour dire qu'on doit légaliser ou tel, ça nous l'accepterons pas. Et si l'État refuse de prendre sa responsabilité sur cette questionlà, nous le peuple nous prendrons responsabilité. En fait, nous aujourd'hui nous commençons, nous avons commencé un combat par rapport à une pétition nationale qu'on qu'on a lancé pour criminaliser davantage l'homosexualité parce que nous nous voulons que la peine de mort revienne au Sénégal par rapport à certains faites qui sont là qui ne doivent pas être impunis.
La société a cet espoir de continuer à vivre et à cet espoir de protéger les exclus et les marginaux que en au bout du compte,ce n'est pas la terreur qui va vaincre, c'est le respect de la diversité. Partout où il y a répression, partout où il y a violence, il y a contrepouvoir et contre et empathie et organisation de multiples formes de protection de la vie humaine.
 
Une violation de droits humains faite contre un groupe va s'étendre à d'autres groupes. Notre avenir qui va nous réconcilier avec notre passé. Si vous prenez la constitution, les constitutions africaines précoloniales, vous prenez le respect de la diversité y compris de la diversité religieuse. Si vous prenez tout cela, vous voyez que la construction de l'avenir va se baser, va s'inspirer de comment le passé a été construit.
 

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