Un appel aux partis politiques, pour demeurer une société ouverte et accueillante
Yves Lafontaine sur Fugues reçu le 31 août 2026 à 21h05
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Les avancées juridiques peuvent donner l’impression que l’essentiel du travail est accompli. Les réalités sociales nous rappellent aujourd’hui le contraire. L’homophobie n’a évidemment pas disparu avec l’adoption du mariage entre personnes de même sexe, pas plus que la transphobie n’est devenue marginale parce que nos lois reconnaissent certains droits aux personnes trans et non binaires. Même des personnalités politiques en font publiquement l’expérience. Charles Milliard et Éric Duhaime ont récemment dénoncé les insultes homophobes qu’ils disent recevoir quotidiennement. Peu importe nos sympathies politiques, cela devrait nous préoccuper. L’homophobie ne devient pas acceptable parce qu’elle vise un adversaire politique. De son côté, Manon Massé a récemment sonné l’alarme devant la remontée de l’homophobie et de la transphobie. En mai dernier, l’ancienne co-porte-parole de Québec solidaire appelait notamment les allié·es des communautés LGBTQ+ à « se lever » et à prendre davantage leur place dans la lutte contre la haine. Trois voix politiques très différentes, donc, mais un constat qui devrait transcender les lignes partisanes : quelque chose se détériore au Québec. Pour Olivier Ferlatte, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, nous assistons à un important recul social. Parmi les facteurs qui peuvent l’expliquer, il souligne notamment l’instrumentalisation des enjeux de diversité par certains partis populistes de droite à des fins électorales, mais aussi le rôle des réseaux sociaux dans la propagation de la désinformation et la normalisation des discours haineux. Ce qui se passe chez les jeunes est tout aussi inquiétant. En février, le professeur Francis Dupuis-Déri, de l’UQAM, publiait une étude constatant une progression de l’homophobie et de la transphobie dans les classes du primaire et du secondaire, particulièrement chez les garçons, avec des manifestations de plus en plus décomplexées. Les observations du GRIS-Montréal vont dans le même sens. Selon une étude publiée par l’organisme, la proportion d’élèves du secondaire affirmant être mal à l’aise de voir deux hommes se témoigner de l’affection en public est passée de 25 % en 2021-2022 à 42 % en 2023-2024. En deux ans. Nos familles n’ont pas à être remises en question au gré des débats politiques. Et l’existence des personnes trans et non binaires ne devrait jamais devenir un outil permettant de gagner quelques points dans les sondages. Voilà pourquoi, au cours de la prochaine campagne, je souhaite entendre tous les partis à ce sujet. Nous ne voulons plus seulement entendre que le Québec est une société ouverte et accueillante. Nous voulons savoir comment nos élus comptent faire en sorte qu’il le demeure. Lire la suite de l'article du 27 août 2026 sur Fugues. |