Coup de tonnerre : un monument en mémoire des victimes de la purge LGBT

Yves Lafontaine sur Fugues / Amélie Gosselin sur Radio-Canada en date du 24 août 2026 à 12h29


Situé à Ottawa, à l’angle du pont du Portage et de la rue Wellington, le monument national 2ELGBTQI+ « Coup de tonnerre » est visible des deux côtés de la rivière des Outaouais.PHOTO: Radio-Canada / Camille Bourdeau

Coup de tonnerre, le tout premier monument national 2ELGBTQI+ du Canada, a été officiellement inauguré à Ottawa : un moment historique de réflexion, de reconnaissance et d’espoir pour les communautés 2ELGBTQI+ du pays.

L’érection du Monument national 2ELGBTQI+ du Canada, intitulé Coup de tonnerre, ne peut être comprise comme la simple création d’un nouveau monument public à Ottawa. Elle constitue l’aboutissement d’un long processus de reconnaissance d’une discrimination exercée et cautionnée par l’État canadien, d’une mobilisation menée par les personnes qui l’ont subie, d’un recours collectif historique et d’une démarche de réparation qui a progressivement dépassé le seul cadre de la «purge LGBT» pour embrasser une histoire plus vaste des communautés 2ELGBTQI+ au Canada.

Une histoire qui prend racine dans la discrimination d’État
Le point de départ incontournable est ce que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de «purge LGBT». Entre les années 1950 et le milieu des années 1990, des membres 2ELGBTQI+ des Forces armées canadiennes, de la Gendarmerie royale du Canada et de la fonction publique fédérale ont été systématiquement ciblés en raison de leur orientation sexuelle réelle ou présumée, de leur identité ou de leur expression de genre.

Dans un contexte où l’homosexualité était notamment considérée comme un risque pour la sécurité nationale, l’appareil fédéral a mis en œuvre des pratiques de surveillance, d’enquête et d’exclusion. Des personnes ont été surveillées, interrogées et soumises à des pratiques humiliantes. Certaines ont été rétrogradées ou privées de possibilités d’avancement; d’autres ont perdu leur emploi ou ont été renvoyées des Forces armées. Au-delà des conséquences professionnelles et financières, ces politiques ont provoqué des traumatismes durables et bouleversé des trajectoires personnelles, familiales et communautaires.

« Pour les gens qui ont survécu à la purge, ce monument est éminemment personnel et public tout à la fois », expliquait Martine Roy, coprésidente du Fonds Purge LGBT et elle-même survivante de la purge, quelques minutes avant le début de la cérémonie. « À travers lui, on s’assure que leur vécu ne tombe pas dans l’oubli, qu’on reconnaît les gens qui ont souffert, et que les générations montantes comprennent ce qui s’est produit et pourquoi la vigilance reste de mise. »

Il importe cependant de ne pas réduire l’histoire racontée par le monument à cette seule période. Dans sa conception finale, Coup de tonnerre témoigne plus largement de la discrimination vécue par les communautés 2ELGBTQI+ à travers l’histoire canadienne et reconnaît notamment les racines coloniales de l’homophobie et de la transphobie. La purge s’inscrit ainsi dans une histoire plus complexe de marginalisation, mais également de résistance.

 Lire la suite de l'article d'Yves Lafontaine sur Fugues.

Écoutez le reportage d'Amélie Gosselin à l'émission L’heure de pointe - Acadie sur Radio-Canada OhDio.

Lire le communiqué du gouvernement du Canada.

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